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samedi 20 décembre 2008

Ca va mal...

Vu à mon agence Société Générale : scotchée au guichet, une feuille A4 jaune manifestement imprimée sous Word Pad :
"ICI NOUS PRETONS".
No comment.

vendredi 28 novembre 2008

Rigueur méthodologique

Le cabinet Gfk a mené pour les éditeurs de vidéos et les maisons de disque une étude destinée à évaluer l'ampleur du piratage en France. Conclusion : en 2007, 833 280 000 titres de musique et 235 200 000 titres de vidéo ont été téléchargés. De quoi appuyer de façon spectaculaire la campagne de désinformation et de lobbying abject protection de la création artistique menée par lesdites majors. D'autant plus que l'étude est d'une honnêteté intellectuelle et d'une rigueur méthodologique à toute épreuve, comme nous l'explique le responsable de Gfk, Laurent Donzel :
On fait appel à la mémoire de l'intéressé, et les interviewés minimisent souvent le poids réel du téléchargement. Ils ne veulent pas l'avouer. Pour compenser, on extrapole et on multiplie les résultats par douze.
On a qu'à faire pareil avec les chiffres de la croissance.

jeudi 20 novembre 2008

Philanthropie

Entendu dans le train, une maman (plutôt middle-upper) parle avec sa fillette.
"Maman, et si toi tu gagnes beaucoup d'argent au Loto, tu le donnerais aux pauvres ?"
"Non, je ferais mieux que ça : je créerais une entreprise, pour donner du travail aux gens".
Je ne sais pas ce qu'en dirait Schumpeter.

(Edit - brève explication sur le sens caché de ce billet en commentaire #7).

vendredi 31 octobre 2008

Comment Porsche a baisé les sauterelles

Porsche vient de jouer un joli tour aux hedge funds . En très bref, Porsche a acheté des options d'achat sur 30% des actions VW. Ils en possèdent déjà 45% et le Land de Basse-Saxe 20% qu'il refuse de vendre. De leur côté, ignorant ce petit manège de Porsche, des fonds ont vendu à découvert 12% de VW pariant sur une baisse de VW.

Oups. 45%+30%+20%+12%=107%.

Tous les émetteurs des options plus tous les vendeurs à découvert doivent taper dans les 35% de VW libre sur le marché pour satisfaire les 30% d'options de Porsche et les 12% de ventes à découvert. Le prix explose, Porsche se fait 6 milliards d'euros sans vendre une voiture.

Très joli aussi, les réactions des managers de fonds, à lire ici et ici. Tout à coup, la non-transparence est un vrai scandale :-).

LSR

Edit (21h30) sur la mode la presse française est nulle, cette histoire n'étant pas passée inaperçue. Marianne s'y prend de façon pitoyable (surprise surprise), tant sur le fond que sur la forme. Sur la forme, on retrouve le ton exaspérant des "anti-libéraux" qui au fond n'ont rien compris à ce qu'ils critiquent. Sur le fond, ils passent complètement à côté du fait que Porsche soit passé par l'achat d'options plutôt que l'achat d'actions. Étonnant et décevant de la part d'un économiste de l'OFCE. Le Monde fait mieux sur la forme, mais pas sur le fond. Leur billet n'est qu'une synthèse incomplète des mêmes articles de la presse anglophone que ceux que je cite. De la dépêche AFP amélioré, quoi. Libé a écrit un article pas trop mauvais, mais rate la chute (sûrement par réflexe conditionne idéologique): les fonds n'ont pas été victimes de la "spéculation", mais d'une manipulation de marché par Porsche.

mercredi 22 octobre 2008

Left for dead

Lu sur le Monde.fr :
En Grande-Bretagne, Keynes fait un retour en force. (...) Downing Street fait appel à l'économiste né à Cambridge pour rassurer les Britanniques.
Bon, on ne va pas faire au journaliste l'insulte de croire qu'il pense qu'il est toujours vivant, mais sa formulation est ambiguë, et les gens peu versés dans la chose économique risquent de l'interpréter ainsi. Bref, ce n'est pas bien grave; s'ensuit la description de tout le pognon qui va être foutu par les fenêtres utilisé pour relancer la demande / soutenir l'économie / créer des emplois (si si, les porte-avions, les JO, toussa, ça crée plein d'emplois; il y a même un projet de creuser des milliers de trous dans les campagnes, puis de les reboucher; on estime que ça créerait au moins 35 000 emplois). Evidemment, ça va creuser la dette publique, mais c'est pas grave parce qu'elle est pas élevée (environ 40% du PIB). Ce qui nous amène à cette magistrale conclusion de M.Darling (chancelier du jeu de petits chevaux) :
Je veux éviter que nous nous retrouvions dans la position que les gouvernements ont adoptée dans le passé, qui est de faire face à un problème immédiat en sacrifiant ce dont le pays a besoin dans le futur.
On passera sur le fait que dire "moi, quand j'augmente la dette publique, c'est pas grave parce qu'elle était faible, donc je pense aux besoins des "générations futures" (oui, les mêmes qui nous font chier depuis vingt ans avec le développement durable... à force, elles vont devenir actuelles, ces générations futures) est con étrange.
Mais on se délectera d'un discours "keynésien" qui conclut en disant qu'il faudrait peut-être penser au long terme plutôt que de donner la priorité au problème immédiat. Ce pauvre Keynes est probablement bien heureux d'être arrivé au long terme.

mercredi 23 avril 2008

Causalis

A mon tour de décerner un Prix Causalis, idée d'Etienne Wasmer, récompensant les confusions corrélation / causalité... Le Monde nous relate les résultats d'une équipe de chercheurs anglais qui ont établi que l'alimentation des femmes avait une influence sur le sexe de l'enfant : une femme qui a une alimentation riche au moment de la conception de son enfant a davantage de chances d'avoir un garçon.

Je pense que si on avait poussé l'étude un peu plus loin, on aurait aussi pu établir que le fait de mettre des chaussettes à rayures, de regarder "Attention à la marche" ou de conduire une Lada donnait aussi plus de chance d'avoir un garçon. Il est très facile de trouver des corrélations partout, mais bien plus difficile de prouver la causalité. Ici, en l'absence d'arguments qui expliquent scientifiquement comment l'alimentation peut influer sur le sexe de l'enfant, on est en présence d'une vulgaire corrélation.

Je n'ai pas lu l'article de recherche et ne sait donc pas à qui il faut décerner le prix : aux chercheurs, au cas où ils veulent sérieusement prouver qu'on a plus de chances d'avoir un garçon en bouffant au McDo trois fois par jour; ou au journaleux, qui a déformé un simple constat de corrélation en une étude révolutionnaire qui vient pour la première fois de confirmer une vieille intuition populaire : il existe un lien étroit entre le régime alimentaire d'une future mère et le sexe de l'enfant qu'elle porte.

jeudi 29 novembre 2007

Va comprendre...

J'avais déjà posté 2-3 exemples de curiosités concurrentielles ou de belles discriminations tarifaires, mais là j'ai un cas qui me dépasse vraiment : je suis allé acheter des Taillefine 0% au Super U (oh ça va hein, pas de commentaires), le pack de 12 était à 3,12€, et le pack de 8 juste au-dessus à... 3,13€. C'était les mêmes, j'ai passé 10mns à lire les emballages, pas de doute possible. Ce n'est plus de la discrimination tarifaire, c'est carrément de l'irrationalité : aucune chance de vendre les packs de 8. A moins que le centime de différence ne représente pour le consommateur le confort de n'avoir que 8 yaourts à porter au lieu de 12, si ça fait trop pour lui, mais faut pas abuser.
Un cas classique de discrimination tarifaire auquel je me suis volontairement soumis, au passage : la hotline de Free. J'avais appelé plusieurs fois la hotline "Classique" à 15cts la minute, où on tombe direct sur un call center dans les îles, avec l'autochtone de service qui parle de façon incompréhensible et débite ses routines d'accueil / diagnostic comme un automate s'adressant à un réverbère... Agaçant. Puis j'ai appelé la hotline "Dégroupage", 34cts la minute, avec un temps d'attente un peu plus long, mais où on tombe toujours sur un bon Français bien de chez nous ('dedieu !) qui s'adresse clairement à vous et avec qui vous avez une vraie conversation. Bon, le diagnsotic a été à peine plus efficace chez "Dégroupage" que chez "Classique", mais le simple fait d'être traité en client humain valait largement pour moi les 19cts/mn supplémentaires.

Plus t'en mets, plus t'en as

Le ministre du budget, Eric Woerth, invité du Grand Journal de Canal+ la semaine dernière, et interrogé sur la problématique du pouvoir d'achat :

"C'est sûr, quand je vois un ménage, deux voitures, quatre abonnements de téléphone portable, bon, toutes ces dépenses, il y a un problème de pouvoir d'achat".
Le tout au premier degré, bien sûr. Qu'on juge du pouvoir d'achat en retirant a priori les dépenses contraintes (dont le loyer au premier chef), soit. Mais qu'on ajoute à ces dépenses contraintes DEUX voitures et QUATRE abonnements téléphoniques, et en déduire qu'on a un problème de pouvoir d'achat, faut quand même pas déconner. C'est sûr que plus on dépense d'argent, moins on en a. Mais si c'est ça le problème du pouvoir d'achat, on est pas sortis de l'auberge... Enfin bon, il doit savoir ce qu'il dit, il est ministre des brouzoufs, quand même.

dimanche 23 septembre 2007

Allocation optimale des ressources

Vu aujourd'hui en gare de Rambouillet, une affiche publicitaire du conseil régional. A côté d'une tête de benêt quadragénaire épanoui, le slogan suivant :
1 milliard d'euros pour l'emploi des franciliens. Résultat : Dominique a décroché son BTS hôtellerie grâce à son expérience dans la restauration.
C'est sûr que c'est pas avec ce genre de campagnes qu'on va réconcilier les français avec l'utilisation qui est faite des fonds publics.

lundi 18 juin 2007

Repasse ton bac d'abord

J'ai récupéré une petite tétrachiée de copies du bac de sciences écos (et sociales en théorie, mais j'ai arrêté le social, c'est pas vendeur), avec le corrigé proposé par un collège de mes inestimables (et inestimés) collègues. Un des sujets portait sur les effets du progrès technique sur la croissance ("Après avoir présenté les différentes formes de progrès technique, vous montrerez les effets de celui-ci sur la croissance économique"). Le corrigé proposé par les correcteurs contient une partie "B-Les effets négatifs du progrès technique sur la croissance : destruction créatrice, caractère cyclique de la croissance".

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