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mercredi 19 mai 2010

Contre l'utilitarisme ? Quel utilitarisme ?

Quand j'utilise une perceuse pour faire un trou, ce qui m'intéresse, c'est le trou. Je me fiche éperdument de la perceuse. Ce n'est pas très sympa, mais peu importe, une perceuse n'est pas un être humain. Certains, particulièrement cyniques, ne cultivent des relations d'amitié ou ne se livrent à des œuvres charitables que pour le bénéfice qu'ils pourraient en tirer. Dans le langage populaire, on qualifie parfois ces margoulins d'utilitaristes. Il s'agit d'une bien triste confusion. L'utilitarisme est un courant de pensée philosophique qui est étranger à ce cynisme. L'amalgame est bien compréhensible, car l'utilité, en règle générale, suggère une réduction de l'objet utile au statut d'instrument au service d'une finalité qui lui est extérieure. Que deux universitaires, invités lundi dernier sur France Culture, puissent vouer leur carrière à la lutte contre l'utilitarisme en faisant eux-même cette confusion, ça relève du hautement consternant.

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vendredi 4 décembre 2009

Mais Quelle Piteuse

Ca fait quatre mois que j'aurais dû écrire ce billet, mais au début je n'ai pas pu tellement ça m'énervait, puis après non, et puis merde, et là voilà donc, d'abord je fais ce que je veux. Le Monde du 24 juillet (€) nous a offert (une fois de plus) un piteux étalage d'inculture économique crasse dans une rétrospective sur les Trente Glorieuses.

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dimanche 19 octobre 2008

Solidarité nationale - ou pas

Bonnet d'âne pour Xavier Bertrand, qui nous en sort une comme on en avait rarement entendu depuis le regretté Thierry Breton. L'idée est de supprimer les cotisations chômage pour les travailleurs de plus de 60 ans, afin de promouvoir l'emploi des seniors. Bon, les allègements de charge ciblées sur certaines catégories de salariés, ça peut être efficace, sous certaines conditions, là ce n'est pas forcément l'outil le plus approprié, mais ce n'est pas ça qui me gêne.

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mercredi 7 novembre 2007

Good for me, bad for you

A l'occasion de sa première visite officielle à Ztazinis, notre jogger de président frustré de la police a fait de son mieux pour se mettre au niveau intellectuel (réputé particulièrement bas) de son homologue ricain. Le résultat est encourageant (ou décourageant, ça dépend comment on voit la chose).

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lundi 5 novembre 2007

La pêche au gros (con)

Le prix du carburant monte. Ce n'est pas à cause de la cupidité des compagnies pétrolières (ou alors il faudrait expliquer les fluctuations des prix par de soudains et passagers remords des dites compagnies), pas plus qu'à cause des taxes (la TIPP), contrairement à ce qu'affirme M.Hollande, qui trouve pas normal que l'Etat gagne de l'argent sur la hausse des prix du carburant : la TIPP n'est pas un pourcentage du prix du litre (on ne s'étendra pas sur l'hypocrisie et la mauvaise foi du propos du beignet divorcé). La raison pour laquelle le prix du carburant augmente, c'est la vilaine loi du marché : lorsque la demande augmente et que la croissance de l'offre est limitée (pour des raisons politiques - conflit - ou économiques - instauration de quotas par les pays producteurs), le marché est rationné et l'ajustement entre offre et demande se fait par les prix.

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mercredi 11 juillet 2007

Du capitalisme sarkozyen méchamment pamphlétisé

Premières déclarations (commentées par votre serviteur) de notre nouvelle ministre de l'économie, Christine Lagarde, aux « Rencontres économiques d'Aix-en-Provence », rapportées dans cet article du Monde.

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mardi 5 juin 2007

ça m'éééénèèèèrve !

Gros coup de gueule. Y'a des jours, j'aimerais avoir la plume de VilCoyote.

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mardi 20 mars 2007

Les foudres de Saint Nicolas

J'avais évoqué il y a peu l'abandon du pacte écolo de Hulot par les candidats, et je considérais la situation comme un cas de théorie des jeux. La réaction de Hulot (aux positions des candidats, pas à mon billet...) semble accréditer cette idée :
J'ai respecté ma parole. Aux candidats de ne pas me donner l'occasion de la transgresser. Si j'ai l'impression que les promesses signées ne seront pas mises en œuvre, alors je me sentirai libéré de tout.
Et il jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

La suite et ses menaces de prophète courroucé sont d'un pathétique qui se passe de commentaires :
Jusqu'à présent, j'ai été correct et patient mais il peut se passer des choses d'ici au premier tour. Je peux donner un bon point supplémentaire à tel ou tel. On peut aussi envisager une action politique entre la présidentielle et les législatives.
Moi à la place de Sarko, je tremblerais devant la menace d'excommunication et de guerre sainte de Saint Nicolas.

samedi 3 mars 2007

Rocky coast and crazy leader

Ne sortant de sa torpeur à intervalles réguliers que pour dire et faire des conneries, notre Président sortant entend bien garder le rythme jusqu'au bout. Là, salon de l'agriculture oblige, il fait une envolée lyrique protectionniste magistrale en clouant Mandelson au pilori sur la question agricole.
Je voudrais pouvoir vous donner des mocreaux choisis, mais c'est un festival de haut niveau. On retiendra quand même Mandelson ne cesse de vouloir donner d'avantage alors qu'en contrepartie les Américains n'ont manifesté aucune intention de faire les moindres concessions sur le plan agricole (...) ni les pays émergeants sur l'industrie et les services (argument somme toute classique qui considère que le libre-échange n'est bénéfique que s'il est bilatéral, ce qui est l'occasion de rappeler une nouvelle fois la phrase de J.Robinson : The popular view that free trade is all very well so long as all nations are free-traders, but that when other nations erect tariffs we must erect tariffs too, is countered by the argument that it would be just as sensible to drop rocks into our own harbours because other nations have rocky coasts.
Et surtout cette phrase qui m'a laissé pantois, bouche bée, les bras ballants, estomaqué et sidéré : Cette espèce de manie qui caractérise la réflexion, si on peut appeler ça la réflexion, c'est plutôt une ambition du commissaire Mandelson de vouloir à tout prix trouver une solution dans la négociation. C'est vrai ça : qu'est-ce que c'est que cette manie mégalomaniaque de vouloir négocier lors de négociations commerciales? Surtout lorsqu'on est commissaire européen au commerce? Il faut que Mandelson comprenne que son rôle est de quitter la table des négociations en claquant la porte au bout de cinq minutes sans rien proposer, sinon on va se faire avoir par les ricains et les niaquoués.
Les mots me manquent pour qualifier le non-sens, la stupidité, l'incohérence, la débilité de cette phrase exceptionnelle que même Bush Jr. en forme n'aurait jamais sortie. Comme le disait Jules de ''Diner's room'' il y a peu, j'aimerais en savoir davantage sur celui qui détermine, pour trois mois encore, la stratégie nucléaire de la Nation.

mardi 27 février 2007

Le sens des mots

Chez Optimum, Econoclastes et autres blogs où on essaie de faire plus de l'économie que du "Roger remets-moi un demi de toutes façons moi chte dis le problème en France c'est l'immigration", on déplore souvent l'utilisation du terme "compétitivité" appliqué à une nation, ce qui suppose que le commerce international est un jeu à somme nulle, une guerre économique où tout ce qui est gagné par un pays est nécessairement perdu par un autre.
Comme Econo-Alexandre l'a récemment résumé (et comme Solow, Krugman et bien d'autres - tous! - l'ont montré avant), c'est la notion de productivité qui est au coeur de la croissance, en dehors de toute problématique internationale. Si la productivité est un enjeu majeur, ce n'est pas parce qu'elle nous permet de faire face aux vilains Chinois, c'est tout simplement parce qu'elle nous permet de créer davantage de richesses, pour nous. Une économie en autarcie est donc tout autant concernée par la problématique de la productivité qu'une économie totalement ouverte (même plus en vérité, puisqu'elle ne peut pas compter sur la division internationale du travail pour exploiter des différentiels de productivité).
Cette notion de productivité est bien difficile à introduire dans le débat public. On se souvient du discours de Mme Parisot qui fait un exposé pédagogique sur la croissance sans prononcer une seule fois ce terme. On ne le retrouve pas plus dans les discours des candidats, qui font valoir au contraire la notion de compétitivité - si ça va mal, c'est pas notre faute, c'est les Chinois qui sont plus compétitifs à cause de leurs bas salaires (et fi de la productivité associée).
Bref, la confusion entre ces deux termes semblait arrivée à son comble, mais notre glorieux quotidien national repousse les limites. Je lis ce matin sur la page du Monde.fr : La compétitivité a progressé fortement en Europe en 2006, sauf en France. Que diantre !? Qu'est-ce que c'est que ces calculs en bois ? Comment font-ils pour calculer la compétitivité de la France ??? Puis en lisant l'article, on se rend compte que c'est bien la notion de... productivité qui est mise en avant. On a donc réussi à subtilement ramener le terme de productivité au rang de synonyme de compétitivité. Une belle opération de désinformation et de propagation de l'ignorance orchestrée par des politiciens et medias ignares. Si, au terme de ce billet, vous pensez que je chicane et que cette distinction de forme n'a pas de fond, je crains bien que vous ne fassiez partie de leurs victimes.

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