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dimanche 4 mars 2007

Return of the multiplicateur

Un article qui présente comme un cas d'école les effets positifs de l'action et l'investissement des pouvoirs publics sur le développement de l'économie marseillaise, à lire dans Le Monde. Rôle déterminant des infrastructures de communication (gare, TGV, tramway), réhabilitation des zones portuaires et des friches industrielles, promotion des secteurs d'activité en développement, construction de logements, développement culturel... rien ne manque apparemment à ce projet exemplaire d'intervention publique pour moderniser le cadre du marché et lui redonner la possibilité de fonctionner efficacement.
Peut-être un peu idéalisé, mais (quitte à être un peu naïf pour y trouver satisfaction) on a pour une fois l'impression qu'une politique publique ciblée, en se donnant des objectifs réalistes et en s'y tenant, sur une échelle réduite, a véritablement accompli quelque chose. L'économiste applaudira. Surtout quand il lira que "les 300 millions d'euros d'investissement public ont engendré 1 milliard d'euros d'investissements privés, "soit un effet multiplicateur de 3,5", souligne le directeur d'Euroméditerranée.
Et, au paradis des économistes, Keynes vient de se retourner vers Friedman en lui faisant un bras d'honneur accompagné d'un "Ha! Tu vois!" triomphant.

vendredi 2 mars 2007

L'Apocalypse selon Saint Nicolas (l'autre)

Il y a peu, Econoclastes développait l'idée selon laquelle l'écologisme tel qu'il est présenté par des individus du type Nicolas Hulot était devenu une religion, un dogme désintéressé des réelles problématiques et obsédé par des rites. Tous les candidats signaient alors le "pacte écologique" de Nicolas Hulot, acte indispensable pour s'éviter à peu de frais les foudres de l'opinion publique galvanisée par les prêches de Saint Nicolas (Hulot).
Mais aujourd'hui, c'est Saint Nicolas Sarkozy qui commence à trouver que les écolos nous les brisent menues.

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vendredi 23 février 2007

Louable initiative

La Banque de France vient de lancer une rubrique "documents et débats" ayant pour objectif de faire le point sur les travaux des experts de la Banque de France sans que cela exprime pour autant une prise de position de l’institution.
Le premier numéro est consacré à démonter le mythe "ma pauvre dame à cause de l'Euro tout augmente", solidement ancré dans le discours politique démago et largement relayé par nos glorieux media. Un document à faire circuler donc, histoire de rétablir quelques vérités.

jeudi 15 février 2007

Pétrole ânes

Je lis dans Le Monde que L'association de consommateurs UFC-Que choisir a proposé une taxe de 1 milliard d'euros par an pendant cinq ans sur les profits des groupes pétroliers, afin d'aider les consommateurs à diminuer leur dépendance au pétrole et d'investir en faveur de l'environnement.
On ne commentera pas le slogan "l'essence, c'est tabou, on en viendra tous à bout" qui transparaît là, et je ne ferai que m'interroger sur la légalité d'une telle taxe (euh, pourquoi cinq ans d'ailleurs, et pas dix ou un?). Je m'interroge car mes compétences juridiques sont nulles, je pose donc la question : instaurer une taxe spéciale sur les profits d'un secteur particulier est-il possible ? Certains produits sont spécialement taxés (tabac, alcool, essence) ou partiellement détaxés (médicaments, produits agro-alimentaires), mais il ne me semble pas que certaines entreprises paient une surtaxe sur leurs profits en raison de leur appartenance à un certain secteur d'activité. Corrigez-moi si je me trompe...

Au-delà de l'idée "boooouuuh les profits c'est mal", cette mesure me paraît d'autant plus débile que les groupes pétroliers sont les acteurs les mieux placés pour investir dans des technologies "propres" et pour réparer les soudures des essuies-glaces de leurs supertankers; surtaxer leurs profits ne peut que décourager leurs efforts dans ce domaine.

L'article continue : Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé sur RMC que les profits de Total venaient d'"une forme de spéculation sur le pétrole", au détriment du consommateur final.
Il faudrait m'expliquer ce que veut dire une forme de spéculation sur le pétrole... Peut-être l'offre et la demande, sur lesquelles Total n'a d'ailleurs virtuellement aucune emprise (l'offre dépendant des quotas de l'OPEP. Ou alors Total a des taupes à l'OPEP...). On remarquera par ailleurs que les profits records de Total en 2006 correspondent à une année où les prix du pétrole ont baissé (edit : on me signale en régie que je me suis craqué. Les prix ont augmenté en moyenne. Mais ils ont baissé sur le deuxième semestre ;-).

Le scandale, c'est que M. Breton nous avait promis qu'il y aurait plus de contrôles vis-à-vis des compagnies pétrolières pour qu'ils appliquent cette baisse à la pompe", a-t-il souligné.

Ca, je ne peux qu'être d'accord. Il est scandaleux qu'il l'ait promis; de même qu'il était scandaleux d'avoir annoncé cet automne que le développement des véhicules roulant au flexcarburant allait lui ''permettre, dans les discussions avec les pays producteurs de pétrole, de démontrer que nous avons le choix'' (sic). Là encore, en vertu de quoi (légalement parlant) le gouvernement aurait-il la possibilité d'administrer les prix à la pompe et d'obliger les stations à reporter les répercussions de la hausse des prix du brut ?..

Au-delà de la démagogie et de la stupidité économique de ces propos, il y a une absence totale (hé hé... j'ai pas fait exprès) de questionnement sur la faisabilité juridique des mesures proposées. Si quelqu'un dans l'assistance veut bien la commenter...

samedi 3 février 2007

Ca a failli !

N.Sarkozy a pour projet de revaloriser les traitements des enseignants. J'applaudis à tout rompre et m'apprête à m'abandonner à un vote clientéliste utilitariste dépourvu de toute objectivité et conscience citoyenne, lorsque je tombe sur cette citation du ministre-candidat :

"On peut toujours essayer de se rassurer avec quelques statistiques qui montrent que le niveau monte. Eh bien ces statistiques valent à peu près la même chose que les statistiques de l'indice des prix qui prétendent démontrer que l'euro n'a pas fait monter les prix. Je les crois aussi inexactes."

Oulah! Il a failli m'avoir. Heureusement qu'il a eu l'honnêteté de me rappeler sa médicorité multidimensionnelle. C'est sûr qu'avec des déclarations d'une telle intelligence, relayées par les media, on a du boulot, après, pour faire remonter le niveau des élèves conditionnés par les discours populistes. Le cas de la hausse des prix est d'ailleurs difficile à leur faire comprendre, persuadés qu'ils sont que l'augmentation de la baguette et du ticket de bus sont signe d'une baisse du pouvoir d'achat. Ils y croient dur comme fer, et les préjugés sont difficiles à déraciner, même à cet âge là, même chiffres à l'appui. C'est sûr que si le ministre l'a dit... Vous voulez améliorer nos conditions de travail, monsieur le ministre ? Arrêtez de raconter des conneries sur les délocalisations et l'inflation (et sur tout le reste), ça nous facilitera déjà grandement la tâche. Merci.

lundi 15 janvier 2007

15 minutes

Il paraît qu'on a tous notre quart d'heure de gloire... La revue de blog de France Europe Express d'hier soir (thème principal : l'Euro et la BCE) cite Alexandre d'Econoclastes et votre humble serviteur (à partir de 50'20''), à qui on laisse le mot de la fin, après Pisani Ferry. C'est vrai qu'après la puissance de cette citation, il n'y avait plus rien à dire ;-) Allez, je vais me mettre des compresses sur les chevillles.

jeudi 11 janvier 2007

Collège public, fonds privés

Sans que j'aie réussi à confirmer ou infirmer la rumeur, il semblerait que, dans mon coin, un collège soit sur le point d'être construit, financé par des fonds privés, en l'échange de quoi les tâches habituellement effectuées par les TOS (techniciens ouvriers de service, fonctionnaires territoriaux chargés du nettoyage, entretien, restauration...) seront externalisées auprès des entreprises ayant financé la construction de l'établissement.
Un moyen a priori intéressant pour la région de diminuer ses coûts, n'ayant pas à supporter le coût de construction, mais qui devrait payer les prestataires-investisseurs un peu plus cher que ses TOS. Du point de vue des investisseurs, il semble que ce soit une manoeuvre de long terme, car rentabiliser un tel investissement à l'aide de contrats d'entretien et restauration ne peut se faire à court (voire moyen) terme (j'ignore et n'ai pas trouvé le coût d'entretien d'un collège moyen; si quelqu'un a des données sur ce point...). Peut-être cela permettra-t-il également d'améliorer l'efficacité du service, à moins que la situation de monopole ex-post des prestataires de services n'ait un effet néfaste. La rumeur indignée crie à l'intrusion du marché (insulte suprême) dans le sanctuaire du service public éducatif.

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