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samedi 20 décembre 2008

Le rôle des médias dans l’information économique

Du 20 au 22 novembre se sont tenues à Lyon les Journées de l'économie; votre serviteur y était le 21, levé à 4h30, hop le train (j'en ai profité pour écouter le dernier album de Benabar, fort décevant dans l'ensemble, et pour lire Sexe, drogue... et économie sur lequel je tâcherai de vous faire une brève note d'ici peu), hop une marche vivifiante jusqu'à l'hôtel de ville, où je retrouve le célèbre Stéphane Ménia (signes de reconnaissance : une panoplie cuir SM pour lui, un coupe-vent Quechua pour moi, ça a marché nickel) pour assister en sa prestigieuse compagnie à la conférence-débat intitulée Le rôle des médias dans l’information économique. Tankés au fond de la salle en bons cancres, nous attendons que le rideau se lève sur le drame...

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vendredi 14 novembre 2008

Numérologie

Ah... ouf ! Nous voici rassurés. La France n'est pas techniquement entrée en recession. Au lieu d'une baisse de 0,1% attendue, le PIB a connu une hausse de 0,1% au troisième trimestre. Pour ceux qui se demanderaient ce que signifie une entrée technique en recession, la réponse est : rien du tout. La recession, c'est tout simplement une situation dans laquelle le revenu national baisse. Comme on a l'habitude de raisonner en termes annuels mais qu'on évalue le PIB à un rythme trimestriel, on estime qu'il serait trop injuste de parler de recession, un mot qui fait peur, si l'on n'observait une diminution du PIB que pour un seul trimestre. Donc, on (je ne sais savais trop qui avant que Markss m'apprenne en commentaire que ça vient du NBER) a décrété que pour parler de recession, on attendrait deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. D'autant qu'une baisse ponctuelle peut être, dans certains cas, une correction après un trimestre anormalement bon. Si je suis un défenseur habituel des statisticiens de l'INSEE, je dois à l'honnêteté de dire que les estimations du PIB ne peuvent pas être assez précises pour être fiables à + ou - 0,1 point sur un trimestre. La seule conclusion que l'on puisse tirer des chiffres de la croissance est que la France est plutôt sur un rythme de stagnation que de récession, ce qui, vu le contexte, est plutôt une bonne nouvelle. Ajoutons tout de même que si l'on raisonnait en termes de croissance par habitant, on serait en recession, puisque la population augmente.

mercredi 22 octobre 2008

« Pour les banques, on trouve des milliards... »

Petit coup de gueule. L’idée qu’il existe une asymétrie entre l’empressement de nos Etats à mobiliser des centaines de milliards d’euros pour sauver des banques et leur incapacité à en trouver quelques milliards pour des causes plus nobles telles que la lutte contre la pauvreté est en train de se répandre dans l’opinion. C’est bien compréhensible. Comment ne pas être choqué quand on entend dire : « on débloque 300 milliards pour les banques en 2 jours, alors qu’il suffirait de 6 milliards pour éradiquer la faim dans le monde ! ». Ce qui est moins compréhensible, c’est que les média semblent peu enclins à expliquer ce qu’il y a d’erroné dans ce genre de discours. Il y a pourtant trois erreurs qu’il faut souligner :

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jeudi 7 août 2008

DTC ?

Lu dans Le Monde : un diplômé master de l'EHESS déplore (avec beaucoup d'autres) la précarité de l'emploi des jeunes, et finit magistralement par demander : "Les baby-boomers partent en retraite, elles sont où les places qu'ils laissent vacantes ???". Comme Econoclaste l'a déjà expliqué ici, population active et emploi évoluent en parallèle; croire que diminuer la population active va permettre de partager un volume de travail (donc un nombre d'emplois) qui serait resté inchangé est manifestement une erreur. M'enfin on ne doit pas apprendre ça à l'EHESS, ou alors ce jeune freluquet n'écoutait pas les cours. Bref, compter sur le vieillissement démographique pour atteindre le plein emploi et l'abondance générale n'est pas une bonne idée, et le moment me paraît bien venu de répondre à ce jeune : "dans ton cul !!".

vendredi 4 avril 2008

Un lien en passant...

Une énorme base de données sur productivité, investissement, croissance, emploi et progrès technique en Europe et à Ztazinis, très détaillée, en séries longues, et quelques papiers sur le même thème... C'est la EU KLEMS Database. On peut se noyer un peu dans la masse d'infos, mais si on sait à peu près ce qu'on cherche, ça déchire sa race. On en profite pour rappeler, dans un registre similaire, l'existence du Penn World Table, découvert il y a quelques lunes via les gauchistes d'en face.

jeudi 13 septembre 2007

Bastiat avait vu juste

Dans sa Pétition des marchands de chandelle, Frédéric Bastiat fustigeait les protectionnismes qui sacrifiaient le bien-être général à la prospérité de quelques corporations jalouses et fainéantes : les marchands de chandelle se plaignaient de la concurrence déloyale (dumping dit-on aujourd'hui) du soleil, qui fournit de la lumière gratuite. S'il avait su que la réalité rattraperait aujourd'hui la fiction...

Les ampoules basse consommation, dont la Chine est grande productrice et exportatrice, permettent de s'éclairer plus longtemps, plus efficacement, pour moins cher et avec moins d'énergie. Des mini-soleils. Mais le marchand de chandelles-ampoules à bulbe (qui consomment et chauffent beaucoup pour éclairer) allemand Siemens-Osram s'oppose à cette honteuse et déloyale concurrence du pays du Soleil levant (ou presque, de toutes façons c'est des niaquoués c'est tout pareil) et réclame le maintien des taxes anti-dumping (sic) de 66% (re-sic) sur les ampoules basse consommation chinoises.

La Commission européenne doit se pencher sur la levée de cette taxe. Espérons que ses membres ont lu la pétition des marchands de chandelle, et qu'ils sauront reconnaître dans les revendications d'Osram la même logique de protection d'intérêts corporatistes sauvegarde de l'industrie et de l'emploi en Europe.

(PS-NB : merci de ne pas lancer un débat "les ampoules basse conso éclairent-elles aussi bien que les ampoules à filament". Si ce n'est pas le cas, Osram ne devrait pas avoir de souci à se faire. Dans tous les cas, c'est au consommateur de décider ce qui lui paraît le plus approprié, ce que les taxes à l'importation l'empêchent aujourd'hui de faire).

vendredi 15 juin 2007

Rétablissons la loi le Chapelier

Au Moyen-Âge, les corporations régnaient en maîtresses sur le marché du travail (à tel point qu'on ne pouvait même plus parler de marché) : celui qui voulait travailler dans un domaine devait obligatoirement commencer par l'apprentissage chez un maître, qui ne pouvait lui-même prendre d'apprenti que si la corporation y consentait. Ces cartels d'artisans s'assuraient ainsi que la concurrence ne se développe pas, rationnant l'offre, lésant les consommateurs et s'attribuant une confortable rente.

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lundi 16 avril 2007

Yaka

Notre Boucher national nous présente dans sa dernière édition ''Les leviers de la croissance''. C'est moins la boucherie que d'habitude, mais on retiendra quand même cette modeste estimation :
Pour que la France rattrape le niveau d'éducation supérieure des Etats-Unis, il en coûterait près de 30 milliards d'euros. Mais elle bénéficierait de 1 point de croissance en plus au bout de cinq ans. Ce regain amènerait des recettes supplémentaires, et la mesure s'autofinancerait au bout de dix ans.
Bon ben yaka alors ! Entre la complexité d'une réforme de l'éducation et de l'estimation de son effet sur la croissance, le pronostic me paraît fort hasardeux.

dimanche 18 mars 2007

Yaourt discriminé

Dans son Undercover Economist, Tim Harford consacre un chapitre à la discrimination tarifaire, c'est à dire les pratiques commerciales visant à isoler les consommateurs prêts à payer plus que d'autres un certain produit, et à leur faire payer ce supplément d'une façon ou d'une autre (en jouant sur l'emballage, sur la visibilité du produit, en sortant des versions "collector", en créant une différence marginale...).
J'ai remarqué il y a peu un exemple frappant du phénomène, dans la supérette Proxi à côté de chez moi. Au rayon yahourts, sur la même étagère, côte à côte, des yahourts en pack de 4, de même marque, au même parfum, de même composition, de même contenance.... bref, IDENTIQUES en tous points - sauf qu'un des packs est emballé dans du carton, et l'autre pas. Résultat : 15cts de différence - qui ne sauraient être entièrement expliqués par le coût du carton d'emballage, loin de là. S'ils continuent à vendre la version emballée, c'est qu'il y a des gens qui l'achètent. Et je suis à peu près sûr que la première chose qu'ils font en rentrant chez eux, quand ils rangent les yahourts dans le frigo... est de déchirer l'emballage et de le jeter. Mais sans doute ces consommateurs trouvent-ils qu'acheter un produit sans emballage fait trop hard discount, qu'on ne sait pas trop où ça a traîné - et ils sont bien contents d'avoir la possibilité de payer un même produit 15cts plus cher juste pour avoir la satisfaction du bout de carton autour. Et c'est très bien comme ça.

NB. en consommateur-économiste averti, j'ai acheté les yahourts non emballés.

mercredi 7 mars 2007

Le libéralisme d'Etat

Ca faisait bien une semaine que N.Sarkozy ne s'était pas distingué par quelques énormités économiques. Il se rattrape gaiement. Ne croyez pas, chers lecteurs, que j'ai une dent particulière contre NS, même si je fustige ici ses propos plus que ceux des autres candidats. C'est simplement que je tire mes sources de la page d'accueil du Monde.fr (dépêches AFP), et que j'y vois plus souvent des propos de NS que de SR ou FB (ceux de JMLP ne méritent même pas de commentaire). Ces billets sont faciles et peu constructifs, j'en suis conscient, mais ça me dégoûte tellement qu'aucun journaliste ou politique ne prenne la peine de relever ces tissus d'âneries pour lui faire ravaler par les trous de nez avec du poivre, que je me sens obligé de pointer du doigt ces florilèges. Ceci dit, attaquons le menu.

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