Par Antoine B. le mardi 23 décembre 2008, 00:10
(avertissement : ce billet est plus destiné aux
étudiants googleurs en quête d’explications sur des questions techniques qu’aux
lecteurs habituels du blog)
Je suis en train de préparer un cours de théorie de la
croissance pour des étudiants en troisième année d’économie, et je me retrouve
confronté à un gros dilemme, que doivent connaître tous les responsables d’un
tel cours, lorsqu’il ne s’adresse pas à des polytechniciens : doit-on
embêter les étudiants avec cet outil mathématique barbare qu’est l’optimisation
dynamique, sachant qu’on peut comprendre l’essentiel du contenu d’un cours de
croissance en en faisant l’économie ? Jusqu’à il y a quelques semaines,
j’avais répondu par la négative à cette question, m’apprêtant à m’inspirer de
l’excellent livre de Charles Jones, qui montre qu’on peut aborder des
questions passionnantes sur le sujet sans mobiliser un niveau de caïd en math.
J’ai, finalement, changé d’avis, et ce pour trois raisons.
La première, c’est que ces étudiants sont censés être bons
en maths, puisqu’ils ont choisi une option MASS ou économétrie.
La deuxième, c’est que les articles académiques consacrés
aux théories de la croissance sont à 99% envahis par l’optimisation dynamique,
et qu’il serait dommage que ces étudiants ne soient pas capables de lire ces
articles.
La troisième, c’est que l’optimisation dynamique est
l’occasion de présenter aux étudiants deux notions que les économistes adorent
mais qui sont parfaitement inconnues du grand public : le taux de
préférence pour le présent et l’élasticité de substitution
intertemporelle. Voici comment je compte présenter ces deux concepts.