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dimanche 18 mars 2012

1ère classe, 2e classe, classes sociales

Je lis dans le Monde que Thalys a pour projet de regrouper les voyageurs, dans ses trains, en fonction du prix du billet qu'ils auront payé. Attention, il ne s'agit pas ici de 1ère ou 2e classe : la prestation de voyage sera strictement identique, mais on regroupera dans les mêmes wagons les gens qui auront acheté les billets pas cher, dans d'autres ceux qui ont choisi un tarif moyen, et dans d'autres encore ceux qui auront fait fumer la Gold pour s'offrir les billets les plus chers.

Quoi qu'on puisse penser de cette stratégie commerciale, c'est un fabuleux exemple de discrimination tarifaire : ceux qui choisiront les prix les plus élevés achèteront de l'entre-soi, comptant sur l'exclusion que crée le tarif max pour rejeter les gueux entre eux dans les wagons bas tarif. Cette préoccupation existait déjà un peu dans le système 1ère/2de classe, dans lequel la différence de prix ne s'expliquait manifestement pas entièrement par le surcoût occasionné par la prestation de voyage offerte (plus de place donc moins de sièges par wagon, plus de confort matériel). Mais on a avec le projet de Thalys un cas d'école où on achète exactement la même chose, et où la différence de tarif ne sert qu'à choisir les gens avec qui on voyagera.

En ce qui me concerne, si je dois un jour voyager sur Thalys, je n'exclus pas de choisir le tarif moyen ou élevé pour échapper aux hordes de prolos puants et braillards assortis de chiards insupportables, qui peuvent vous transformer un voyage en calvaire.

mardi 10 janvier 2012

Quel macroéconomiste êtes-vous ? (réponses)

Éléments de réponse pour le test de jeudi dernier. Bravo à Jean et à Mathek [add: et à ALC] qui ont répondu à peu près ce que j'avais en tête. Reprenons.

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jeudi 5 janvier 2012

Quel macroéconomiste êtes-vous ?

Petit test, façon femme actuelle.

Le but du jeu est de donner la lettre que vous trouvez au terme des flèches, et d'essayer de trouver à quelle(s) école(s) de pensée macroéconomique vous vous rattachez.

Une autre façon de jouer consiste à ne pas se prononcer sur la lettre, mais à essayer de caractériser chaque lettre. Si vous êtes étudiant ou si vous essayez d'y voir clair dans les différents discours ambiants concernant la crise, ça vous aidera à mettre de l'ordre dans vos idées (j'espère !). Mes réponses d'ici demain peu.

Enjoy !

PS : attention, il y a un piège !

jeudi 13 octobre 2011

Mon maire est un économiste

Dans ma ville, il y a un carrefour avec des feux tricolores (normaux), mais comme il est mal foutu (très mauvaise visibilité), il est un peu dangereux. Du coup, la mairie a gardé les feux mais, au lieu de les laisser tricolores, les a tous faits oranges clignotants tous en même temps. Ils ne sont jamais rouges, jamais verts. Ca peut sembler dangereux, mais en fait non; en effet, en créant un danger visible et évident ("la circulation n'est pas régulée par des arrêts imposés, tout le monde est susceptible de traverser le carrefour à tout moment"), ce système incite les conducteurs à être beaucoup plus prudents qu'ils ne l'auraient été en se reposant sur un bon vieux feu vert qui donne un blanc-seing pour traverser le carrefour comme un canut à mach-12 avec sa Mito rouge en mettant un coup de Cucarcha, au risque de s'empafer le vélo qui arrivait dans l'autre sens et qui était caché par l'angle de la maison (oui, je vous ai dit qu'il était mal foutu, ce carrefour).

Je suis en mesure d'affirmer que c'est ce raisonnement qu'a suivi la mairie, l'ayant lu tel quel (enfin, j'ai un peu romancé), dans le journal d'informations municipales. Mon maire est un économiste : il a compris que "people respond to incentives", de même que S.Landsburg préconisait dans The armchair economist d'installer des lances sortant du volant et pointées sur la poitrine des conducteurs pour les inciter à rouler un peu moins comme des gros cakes.

jeudi 10 mars 2011

Taxons les locataires

Econoclaste a consacré il y a peu un billet au contrôle des loyers. Sans doute n'aura-t-il pas été lu par le Secrétaire d'Etat au logement, M.Apparu, qui a aujourd'hui la magnifique idée de taxer les loyers supérieurs à 40€ le m² (voir l'article du Monde). Donc, dissuader les propriétaires de fixer des loyers trop élevés en les taxant.

Sauf que... on en revient toujours à l'incidence fiscale : étant donnée l'extrême tension sur le marché locatif, y compris pour des taudis scandaleux et hors de prix, les propriétaires pourront probablement (pour ne pas dire évidemment) répercuter cette taxation sur le loyer, toujours trouver un (ou trente) preneurs, et continuer au final à toucher le même loyer net. Allez, courage, on peut sûrement trouver une idée encore plus con !

jeudi 17 février 2011

Piqûre de rappel fiscal

Ca ne vous apprendra pas grand-chose (voire rien, ô savants Lecteurs), mais je trouve toujours intéressant de remettre en parallèle actualité et théorie... Relisez donc ça puis ça (ou l'inverse).

vendredi 22 octobre 2010

Orientation des lycéens et récurrence à rebours

Les lycéens se mobilisent contre la réforme des retraites. Olivier Bouba-Olga les invite à trouver des arguments plus convaincants que la lump of labour fallacy. Pour ma part, sachant qu'ils prendront leur retraite dans une cinquantaine d'année, cette mobilisation me fait espérer qu'ils ont enfin compris le principe de la récurrence à rebours, contrairement à ce que révèle parfois leurs choix d'orientation.

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mardi 27 avril 2010

Pour la Technocratie

Valérie Pécresse s'exprime sur la Recherche dans le Figaro. J'ai été agréablement surpris d'y trouver un ton modéré mais ferme, derrière lequel je crois percevoir (du moins ai-je envie de comprendre cela) un plaidoyer pour la technocratie dans les domaines où elle est nécessaire ("Les scientifiques doivent pouvoir s'exprimer et être entendus", "on entend beaucoup les militants opposés à telle ou telle innovation, mais pas assez les chercheurs", "Il convient d'analyser les risques et les bénéfices de chaque OGM séparément avant de prendre une décision") - ou du moins rappelle-t-elle de façon salutaire le rôle du Savant et du Politique ("Il revient aux scientifiques de nous dire quel est l'état actuel des connaissances. Mais ce sont les politiques qui doivent en tirer toutes les conséquences, dans un esprit de responsabilité", "Nous devons mettre les savants au cœur de la société et leur donner davantage la parole. In fine, il revient au politique de rester vigilant et de trancher").

Il y a des domaines qui doivent échapper à l'opinion; la Science en est évidemment un, et il me paraîtrait aberrant d'organiser un "referendum sur les OGM" (ou les nanotechnologies, ou autre) : les citoyens (moi le premier) n'ont qu'une connaissance médiate et extrêmement biaisée (dans un sens ou dans l'autre) de ce domaine. C'est la connaissance technique précise qui doit présider aux choix qui sont faits dans ces domaines.

Sans aller jusqu'à dire que l'Economie fait aussi partie de ces domaines, on ne peut que regretter que le Savant (l'Economiste - je vous préviens, le premier commentaire du genre "bwa pfé laiconomi c pa une ciens lol c des charlatan idéolog", il gicle sans préavis) soit aussi peu écouté par le Politique. L'économie contribue à éclairer des choix qui trancheront parfois des conflits d'intérêts, qui impliquent souvent une certaine conception de la justice sociale, et qui doivent donc rester politiques. Mais quand c'est l'opinion, guidée par l'ignorance et la peur, qui devient seule conseillère du Politique, seules les corporations et les idéologues en sortiront gagnants, au détriment de tous.

Le citoyen de base préférant le confort de son ignorance et de ses préjugés à la gratifiante difficulté de s'informer et comprendre combinée à l'humilité de ne pas avoir d'opinion lorsqu'on ne sait rien, il paraît souhaitable, en économie comme ailleurs, de donner plus de poids aux Techniciens compétents dans le processus de décision Politique. C'est la définition de la Technocratie, qu'on emploie malheureusement toujours de façon péjorative, lui opposant la parfois dangereuse sagesse populaire : le bon sens étant la chose la mieux partagée du monde, chacun en a une bien faible part.

jeudi 4 mars 2010

Le niveau baisse

Lu dans Le Monde :

Le commerce mondial n'avait pas connu un niveau aussi bas depuis 1945, titre de l'article.

Foutrediantre ! Ca va donc si mal que ça ? Le volume (mondial) du commerce international a été multiplié par environ 150 depuis 1945. On serait donc revenus à l'âge de pierre en l'espace d'un an ? 60 ans de développement des échanges annihilés en 12 mois ?

Le corps de l'article nous rassure : Le volume des échanges commerciaux dans le monde a enregistré l'an dernier un recul de 12 % en raison de la crise, un chiffre sans précédent depuis 1945. Ah, ouf. C'est donc la baisse qu'on avait plus vue depuis 1945, pas le niveau.
Normalement, arrivé en seconde (maximum), on est capable de faire la différence. Si on vous dit Han, pour la première fois de ma carrière, mon salaire a baissé cette année, vous n'en concluez pas Han, alors tu n'as jamais été aussi pauvre. Ben l'attardé qui fait les titres du Monde.fr (peut-être est-ce le journaliste lui-même ?), lui, si.

vendredi 26 février 2010

A lire


Macroéconomie: la dernière livraison d'Olivier Blanchard

Economie publique: un cours complet (et vraiment pas de n'importe qui)

Economie du développement: la dernière livraison d'Easterly (ça change des conneries de Dambisa Moyo)

Europe: ce qu'on sait des unions monétaires (et n'oubliez pas l'article(€) de Wyplosz de 2006)

Bonne lecture !

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