Optimum, le seul blog véritablement optimal

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 4 avril 2008

Un lien en passant...

Une énorme base de données sur productivité, investissement, croissance, emploi et progrès technique en Europe et à Ztazinis, très détaillée, en séries longues, et quelques papiers sur le même thème... C'est la EU KLEMS Database. On peut se noyer un peu dans la masse d'infos, mais si on sait à peu près ce qu'on cherche, ça déchire sa race. On en profite pour rappeler, dans un registre similaire, l'existence du Penn World Table, découvert il y a quelques lunes via les gauchistes d'en face.

jeudi 13 septembre 2007

Bastiat avait vu juste

Dans sa Pétition des marchands de chandelle, Frédéric Bastiat fustigeait les protectionnismes qui sacrifiaient le bien-être général à la prospérité de quelques corporations jalouses et fainéantes : les marchands de chandelle se plaignaient de la concurrence déloyale (dumping dit-on aujourd'hui) du soleil, qui fournit de la lumière gratuite. S'il avait su que la réalité rattraperait aujourd'hui la fiction...

Les ampoules basse consommation, dont la Chine est grande productrice et exportatrice, permettent de s'éclairer plus longtemps, plus efficacement, pour moins cher et avec moins d'énergie. Des mini-soleils. Mais le marchand de chandelles-ampoules à bulbe (qui consomment et chauffent beaucoup pour éclairer) allemand Siemens-Osram s'oppose à cette honteuse et déloyale concurrence du pays du Soleil levant (ou presque, de toutes façons c'est des niaquoués c'est tout pareil) et réclame le maintien des taxes anti-dumping (sic) de 66% (re-sic) sur les ampoules basse consommation chinoises.

La Commission européenne doit se pencher sur la levée de cette taxe. Espérons que ses membres ont lu la pétition des marchands de chandelle, et qu'ils sauront reconnaître dans les revendications d'Osram la même logique de protection d'intérêts corporatistes sauvegarde de l'industrie et de l'emploi en Europe.

(PS-NB : merci de ne pas lancer un débat "les ampoules basse conso éclairent-elles aussi bien que les ampoules à filament". Si ce n'est pas le cas, Osram ne devrait pas avoir de souci à se faire. Dans tous les cas, c'est au consommateur de décider ce qui lui paraît le plus approprié, ce que les taxes à l'importation l'empêchent aujourd'hui de faire).

vendredi 15 juin 2007

Rétablissons la loi le Chapelier

Au Moyen-Âge, les corporations régnaient en maîtresses sur le marché du travail (à tel point qu'on ne pouvait même plus parler de marché) : celui qui voulait travailler dans un domaine devait obligatoirement commencer par l'apprentissage chez un maître, qui ne pouvait lui-même prendre d'apprenti que si la corporation y consentait. Ces cartels d'artisans s'assuraient ainsi que la concurrence ne se développe pas, rationnant l'offre, lésant les consommateurs et s'attribuant une confortable rente.

Lire la suite...

lundi 16 avril 2007

Yaka

Notre Boucher national nous présente dans sa dernière édition ''Les leviers de la croissance''. C'est moins la boucherie que d'habitude, mais on retiendra quand même cette modeste estimation :
Pour que la France rattrape le niveau d'éducation supérieure des Etats-Unis, il en coûterait près de 30 milliards d'euros. Mais elle bénéficierait de 1 point de croissance en plus au bout de cinq ans. Ce regain amènerait des recettes supplémentaires, et la mesure s'autofinancerait au bout de dix ans.
Bon ben yaka alors ! Entre la complexité d'une réforme de l'éducation et de l'estimation de son effet sur la croissance, le pronostic me paraît fort hasardeux.

dimanche 18 mars 2007

Yaourt discriminé

Dans son Undercover Economist, Tim Harford consacre un chapitre à la discrimination tarifaire, c'est à dire les pratiques commerciales visant à isoler les consommateurs prêts à payer plus que d'autres un certain produit, et à leur faire payer ce supplément d'une façon ou d'une autre (en jouant sur l'emballage, sur la visibilité du produit, en sortant des versions "collector", en créant une différence marginale...).
J'ai remarqué il y a peu un exemple frappant du phénomène, dans la supérette Proxi à côté de chez moi. Au rayon yahourts, sur la même étagère, côte à côte, des yahourts en pack de 4, de même marque, au même parfum, de même composition, de même contenance.... bref, IDENTIQUES en tous points - sauf qu'un des packs est emballé dans du carton, et l'autre pas. Résultat : 15cts de différence - qui ne sauraient être entièrement expliqués par le coût du carton d'emballage, loin de là. S'ils continuent à vendre la version emballée, c'est qu'il y a des gens qui l'achètent. Et je suis à peu près sûr que la première chose qu'ils font en rentrant chez eux, quand ils rangent les yahourts dans le frigo... est de déchirer l'emballage et de le jeter. Mais sans doute ces consommateurs trouvent-ils qu'acheter un produit sans emballage fait trop hard discount, qu'on ne sait pas trop où ça a traîné - et ils sont bien contents d'avoir la possibilité de payer un même produit 15cts plus cher juste pour avoir la satisfaction du bout de carton autour. Et c'est très bien comme ça.

NB. en consommateur-économiste averti, j'ai acheté les yahourts non emballés.

mercredi 7 mars 2007

Le libéralisme d'Etat

Ca faisait bien une semaine que N.Sarkozy ne s'était pas distingué par quelques énormités économiques. Il se rattrape gaiement. Ne croyez pas, chers lecteurs, que j'ai une dent particulière contre NS, même si je fustige ici ses propos plus que ceux des autres candidats. C'est simplement que je tire mes sources de la page d'accueil du Monde.fr (dépêches AFP), et que j'y vois plus souvent des propos de NS que de SR ou FB (ceux de JMLP ne méritent même pas de commentaire). Ces billets sont faciles et peu constructifs, j'en suis conscient, mais ça me dégoûte tellement qu'aucun journaliste ou politique ne prenne la peine de relever ces tissus d'âneries pour lui faire ravaler par les trous de nez avec du poivre, que je me sens obligé de pointer du doigt ces florilèges. Ceci dit, attaquons le menu.

Lire la suite...

dimanche 4 mars 2007

Return of the multiplicateur

Un article qui présente comme un cas d'école les effets positifs de l'action et l'investissement des pouvoirs publics sur le développement de l'économie marseillaise, à lire dans Le Monde. Rôle déterminant des infrastructures de communication (gare, TGV, tramway), réhabilitation des zones portuaires et des friches industrielles, promotion des secteurs d'activité en développement, construction de logements, développement culturel... rien ne manque apparemment à ce projet exemplaire d'intervention publique pour moderniser le cadre du marché et lui redonner la possibilité de fonctionner efficacement.
Peut-être un peu idéalisé, mais (quitte à être un peu naïf pour y trouver satisfaction) on a pour une fois l'impression qu'une politique publique ciblée, en se donnant des objectifs réalistes et en s'y tenant, sur une échelle réduite, a véritablement accompli quelque chose. L'économiste applaudira. Surtout quand il lira que "les 300 millions d'euros d'investissement public ont engendré 1 milliard d'euros d'investissements privés, "soit un effet multiplicateur de 3,5", souligne le directeur d'Euroméditerranée.
Et, au paradis des économistes, Keynes vient de se retourner vers Friedman en lui faisant un bras d'honneur accompagné d'un "Ha! Tu vois!" triomphant.

vendredi 2 mars 2007

L'Apocalypse selon Saint Nicolas (l'autre)

Il y a peu, Econoclastes développait l'idée selon laquelle l'écologisme tel qu'il est présenté par des individus du type Nicolas Hulot était devenu une religion, un dogme désintéressé des réelles problématiques et obsédé par des rites. Tous les candidats signaient alors le "pacte écologique" de Nicolas Hulot, acte indispensable pour s'éviter à peu de frais les foudres de l'opinion publique galvanisée par les prêches de Saint Nicolas (Hulot).
Mais aujourd'hui, c'est Saint Nicolas Sarkozy qui commence à trouver que les écolos nous les brisent menues.

Lire la suite...

vendredi 23 février 2007

Louable initiative

La Banque de France vient de lancer une rubrique "documents et débats" ayant pour objectif de faire le point sur les travaux des experts de la Banque de France sans que cela exprime pour autant une prise de position de l’institution.
Le premier numéro est consacré à démonter le mythe "ma pauvre dame à cause de l'Euro tout augmente", solidement ancré dans le discours politique démago et largement relayé par nos glorieux media. Un document à faire circuler donc, histoire de rétablir quelques vérités.

jeudi 15 février 2007

Pétrole ânes

Je lis dans Le Monde que L'association de consommateurs UFC-Que choisir a proposé une taxe de 1 milliard d'euros par an pendant cinq ans sur les profits des groupes pétroliers, afin d'aider les consommateurs à diminuer leur dépendance au pétrole et d'investir en faveur de l'environnement.
On ne commentera pas le slogan "l'essence, c'est tabou, on en viendra tous à bout" qui transparaît là, et je ne ferai que m'interroger sur la légalité d'une telle taxe (euh, pourquoi cinq ans d'ailleurs, et pas dix ou un?). Je m'interroge car mes compétences juridiques sont nulles, je pose donc la question : instaurer une taxe spéciale sur les profits d'un secteur particulier est-il possible ? Certains produits sont spécialement taxés (tabac, alcool, essence) ou partiellement détaxés (médicaments, produits agro-alimentaires), mais il ne me semble pas que certaines entreprises paient une surtaxe sur leurs profits en raison de leur appartenance à un certain secteur d'activité. Corrigez-moi si je me trompe...

Au-delà de l'idée "boooouuuh les profits c'est mal", cette mesure me paraît d'autant plus débile que les groupes pétroliers sont les acteurs les mieux placés pour investir dans des technologies "propres" et pour réparer les soudures des essuies-glaces de leurs supertankers; surtaxer leurs profits ne peut que décourager leurs efforts dans ce domaine.

L'article continue : Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé sur RMC que les profits de Total venaient d'"une forme de spéculation sur le pétrole", au détriment du consommateur final.
Il faudrait m'expliquer ce que veut dire une forme de spéculation sur le pétrole... Peut-être l'offre et la demande, sur lesquelles Total n'a d'ailleurs virtuellement aucune emprise (l'offre dépendant des quotas de l'OPEP. Ou alors Total a des taupes à l'OPEP...). On remarquera par ailleurs que les profits records de Total en 2006 correspondent à une année où les prix du pétrole ont baissé (edit : on me signale en régie que je me suis craqué. Les prix ont augmenté en moyenne. Mais ils ont baissé sur le deuxième semestre ;-).

Le scandale, c'est que M. Breton nous avait promis qu'il y aurait plus de contrôles vis-à-vis des compagnies pétrolières pour qu'ils appliquent cette baisse à la pompe", a-t-il souligné.

Ca, je ne peux qu'être d'accord. Il est scandaleux qu'il l'ait promis; de même qu'il était scandaleux d'avoir annoncé cet automne que le développement des véhicules roulant au flexcarburant allait lui ''permettre, dans les discussions avec les pays producteurs de pétrole, de démontrer que nous avons le choix'' (sic). Là encore, en vertu de quoi (légalement parlant) le gouvernement aurait-il la possibilité d'administrer les prix à la pompe et d'obliger les stations à reporter les répercussions de la hausse des prix du brut ?..

Au-delà de la démagogie et de la stupidité économique de ces propos, il y a une absence totale (hé hé... j'ai pas fait exprès) de questionnement sur la faisabilité juridique des mesures proposées. Si quelqu'un dans l'assistance veut bien la commenter...

- page 1 de 2