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c'est pas nous qui l'avons dit

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vendredi 1 février 2008

Entre deux longueurs...

Econoclaste met un Scud bien mérité à Ségo, les commentateurs se déchirent à coups d'épines de rose, une deuxième salve est tirée avec un lien vers ses dernières déclarations, et je viens en renfort sur une de ses énormités :

l'impôt sur les produits pétroliers qui augmente puisque les prix des carburants augmentent.

Mais non, espèce de c**** !!!!!!! D'abord, sa phrase est mal tournée : si elle voulait dire que les prix des carburants augmentaient à cause de l'augmentation de la TIPP (ce qui semble être sa logique, d'après le reste du discours), il fallait dire "les prix des carburants qui augmentent puisque l'impôt sur les produits pétroliers augmentent". Et quoi qu'elle ait voulu dire, elle se plante, puisque encore une fois, la TIPP n'est pas un pourcentage du prix du pétrole (qui, on ne le dira jamais assez, augmente parce que la demande augmente plus vite que l'offre), mais une somme fixe au litre. Donc l'augmentation du prix de pétrole :
1-n'est pas due à une augmentation proportionnelle de la TIPP;
2-n'enrichit pas l'Etat en augmentant ses rentrées fiscales via la TIPP.

Voilà, c'est tout, je retourne à la piscine.

lundi 10 décembre 2007

Pardonnez-leur...

Je trouve qu'on a bien peu parlé de la déclaration de Mme Parisot, qui se "demande s'il ne faut pas accepter de mettre sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail". Sans doute cela ne mérite-t-il pas force commentaire, tant la chose est énorme. Il me semble cependant nécessaire de pointer, au-delà d'une revendication corporatiste qu'on pourrait à la limite considérer comme légitime, la grossièreté de son propos.
En effet, sa proposition balaie d'un revers de main plus d'un siècle de législation du travail, et fait apparaître ses instigateurs comme des inconséquents, qui ont mis en place des bizarreries réglementaires qui n'ont jamais trouvé de justification. "Bon, ils se sont bien amusés avec leurs lois sur la durée du travail, ils ont fait leurs petits essais, on a vu que ça ne marchait pas, la plaisanterie commence à avoir assez duré, il est temps de balayer tout ça".
Mais l'attitude des media a, pour une fois, sans doute été la bonne (même si ce n'était pas leur objectif) : de telles crasseries ne méritent que le mépris, et j'y ai déjà accordé bien trop d'attention.

jeudi 29 novembre 2007

Obscurantisme

Vu à la télé au JT il y a une semaine, un brave monsieur bien propre sur lui interrogé sur.... le pouvoir d'achat (what else ?...), qui se plaignait que tout augmentait (ma pauv' dame) et qui concluait sur un ton désabusé : "et quand on voit que nos dirigeants nous donnent toujours des explications très logiques sur les causes de la hausse des prix...". Et oui, si les prix augmentent, ce n'est pas à cause de mécanismes imaginaires comme la loi du marché, c'est à cause d'un complot judéo-maçonnique dirigé contre ce brave Français, qui se refuse à voir en l'économie des phénomènes désincarnés et largement incontrôlés. Il faut qu'il y ait un Grand Horloger qui, du haut de son tas d'or caché en Chine, change en direct le prix du Sans Plomb ou de la mortadelle au moment où le malheureux consommateur arrive. Weber avait peut-être prédit un peu trop vite le désenchantement du monde : pour beaucoup, les explications rationnelles sont des hérésies, et seule les Forces du Mal expliquent l'inflation.

lundi 16 juillet 2007

De la relativité générale monétaire

Rencontre Sarkozy / Merkel ce lundi; la chancelière allemande insiste sur l'importance de l'indépendance de la BCE. Le président français n'ose pas contredire, et précise subtilement :

Le problème n'est pas la valeur de l'euro mais la valeur des autres monnaies.

Donc ce n'est pas l'euro qui est trop fort, non. L'euro est à sa juste valeur, mais les autres monnaies sont trop faibles. Notre président a ajouté que ce diagnostic (pragmatique, bien entendu) constituait un "point d'accord" entre la France et l'Allemagne. Si c'est vrai et que les allemands ne savent pas non plus ce qu'est un taux de change, on est mal barrés.

Petite précision. Hypothèse : 1€=1,37$; pour Sarkozy, ce n'est pas "1€" qui est trop fort, c'est "1,37$" qui est trop faible. Donc il ne faut pas établir la parité à 1,37€=1,37$, puisque l'Euro est à sa juste valeur, selon lui. En revanche, il faut l'établir à 1€=1$, puisque le Dollar est trop faible.

(.........)

Ben non, ça ne veut rien dire. La valeur internationale d'une monnaie n'a de sens que comparée à une autre. Ce qui compte est le rapport entre leurs valeurs respectives, leur valeur relative; peu importe leur valeur absolue.

Sarkozy fait une nouvelle fois preuve de son ignorance des mécanismes fondamentaux de l'économie. Mais peu importe, fi de ces théories fumeuses ! Soyons pragmatiques et ne dévaluons déprécions pas l'Euro, fierté européenne.

Au fait, vous connaissez la différence entre un pigeon ?

dimanche 1 juillet 2007

Quand j'entends le mot "économie", je sors mon revolver

Aaaah, je sens qu'on est partis pour une petite série sympathique; notre Président, vendredi :

Inutile de réinventer le fil à couper le beurre. Toutes ces théories économiques... moi-même, parfois je suis un peu perdu. Ce que je veux c'est que les choses marchent.

Traduction : "j'ai redoublé ma sixième et j'en veux aux gens qui analysent et posent les problèmes, je préfère prendre des décisions basées sur le bon sens populaire, sur la sagesse du café du commerce, je suis ignare et je ne sais pas multiplier par 6 - et je vous emmerde.

vendredi 22 juin 2007

Ca faisait longtemps...

Sarkozy sur TF1 mercredi 20 juin 2007 :

Les prix sont trop hauts et les salaires sont trop bas, s'en prenant à nouveau à la concurrence des pays à bas salaires, au dumping social, économique et monétaire, à la monnaie chinoise trop faible, à l'euro trop fort.

Récapitulons : pour faire baisser les prix, il faut consommer davantage de produits eud'chez nous (plus chers et/ou moins diversifiés, c'est pour ça qu'on importait) et il faut déprécier l'euro, pour pouvoir payer nos importations plus cher (mais on s'en fout, depuis qu'on sait que les t-shirts chinois paient la TVA sociale). Sinon, vous, ça va ?

vendredi 6 avril 2007

Euh ?...

Le Monde s'inquiète de L'euro à son plus haut niveau face au dollar depuis mars 2005. On apprend que le marché se préparait depuis quelques semaines à tenter de franchir le seuil de 1,34 dollar, selon Ian Stannard, économiste à la banque BNP Paribas. J'aime bien ces anthropomorphismes... on imagine le marché tapi dans l'ombre, ourdissant de sombres projets depuis des semaines, puis passant brutalement à l'attaque et franchissant par surprise les Ardennes du dollar 34.
Les commentaires éclairés du lecteur Nounours nous préviennent que On finira à 1,5. On n'exportera plus rien et M. Trichet aura gagné. Jusqu'ici, tout va bien, c'est le discours habituel. Là où j'ai tilté, c'est en lisant que Pour limiter cette flambée du taux de change, la Banque centrale européenne pourrait être tentée de relever son taux directeur (le loyer moyen de l'argent dans la zone euro), actuellement fixé à 3,75 %, pour le faire passer à 4 % d'ici à la fin du deuxième trimestre. De la même façon, la Réserve fédérale américaine pourrait décider d'assouplir le sien, de 5,25 % actuellement, à 5 %.
Euh ?... moi je croyais naïvement qu'un relèvement du taux d'intérêt avait tendance à attirer les capitaux, donc à augmenter la demande de monnaie (ici, d'Euros, si la BCE relève son taux), donc à apprécier encore le taux de change. On m'aurait menti ?

lundi 22 janvier 2007

Do it yourself

Une interview de Nicolas Sarkozy dans Le Monde : morceaux choisis.

Si on réduit de 4 points nos prélèvements obligatoires, on rend 68 milliards d'euros aux Français : 2000 euros rendus aux Français par foyer et par an

C'est vrai ça, détruire l'argent des impôts commençait à devenir pénible... Je ne conteste pas le fait que l'efficacité des dépenses publiques soit largement améliorable, au contraire. De là à dire qu'une baisse des impôts est équivalente à "rendre" l'intégralité de cette somme aux français, ce qui supposait qu'on leur volait et qu'on le dilapidait entièrement, il y a comme un sophisme.

Je propose donc que les entreprises ne payent pas de cotisations sur les heures supplémentaires (...) Songez qu'un salarié rémunéré au smic qui fera 4 heures supplémentaires par semaine augmentera son revenu de près de 2000 euros par an. (...) Et l'Etat y trouvera son compte car, lorsque les salariés ont plus de pouvoir d'achat, ils consomment davantage, et les recettes de TVA augmentent.

Alors, deux choses :

- de nouveau, l'Etat y est présenté comme un organisme vivant et cupide qui cherche la rentrée fiscale comme une fin en soi (c'est tout juste s'il ne nous parle pas de profits).

- cotisations sociales et impôts sont mis dans le même sac, comme s'ils étaient versés au même organisme et servaient à la même chose. Donc retenez bien que sous Sarkozy 1er, la TVA servira à financer les retraites et les allocations chômage.

Je veux une France où chacun puisse accéder à la propriété et propose que l'on puisse déduire 100% des intérêts d'emprunt contracté pour l'acquisition de son logement de son impôt sur le revenu. Il n'y a aucune raison qu'on paie des impôts sur les intérêts qu'on verse.

Reformulons la logique de cette phrase : il est illégitime que je sois imposé sur la partie de mon revenu que je dépense pour acquérir un bien. Pourquoi pas. Dans cette logique, on pourra donc déduire de sa déclaration d'impôts l'intégralité des sommes qu'on alloue à notre consommation - car je ne vois pas en vertu de quoi l'investissement immobilier (l'accès à la propriété) devrait être considéré comme un besoin plus fondamental que l'achat d'une voiture, d'un écran plat ou de trois kilos de pâtes.

Il faut supprimer la surprime imposée aux malades qui empruntent

Et la surprime d'assurance aux jeunes conducteurs, et aux pratiquants d'activité à risque, etc... Interdire aux assureurs d'évaluer et taxer le risque, c'est une innovation intéressante.

Le reste de l'article contient d'autres points plus ou moins contestables, mais ça reste bien bas dans l'ensemble.

vendredi 12 janvier 2007

L'inflation selon Sarkozy

"Je suis allé au restaurant avec Cécilia et les enfants, et à la fin j'ai laissé 10 euros de pourboire. Mais je me suis demandé un instant si ce n'était pas trop peu. Or jamais je n'aurais laissé à l'époque 65 francs de pourboire! Avec l'euro, beaucoup de choses ont augmenté par la simple pratique."
Eh oui, l'inflation est due au montant des pourboires laissés au restaurant. Ca va remettre en cause pas mal de choses, ça.

"Le problème du monde, c'est de bien vivre la mondialisation, c'est la concurrence. Or la concurrence tue l'inflation. Il n'y a donc plus de risque d'inflation. Et pourtant la BCE ne s'occupe que de l'inflation!"
Autrement dit : "Le problème c'est la concurrence, qui est la solution à l'inflation". C'est vrai qu'il ressemble un peu à un Shadok.

Source : L'Express

lundi 18 décembre 2006

Le plus bête métier du monde

Pour continuer à détendre l'ambiance (sauf, s'il en reste, pour ceux qui croient encore à la politique en France), après les copies de VilCoyote, voici donc l'épreuve d'oral de Ségolène Royal, qui est passée hier soir à Ripostes. Je viens de passer une heure trente-cinq à alterner entre des rires incrédules devant le manque de réaction de Serge Moati, qui écoute religieusement les pires contresens et incohérences (le "revenu d'activité active", vous connaissiez ?), et l'ébahissement devant l'ignorance de Mlle Royal en matière économique. Pour vous donner une idée du niveau du débat, voici un échange entre Laurence Parisot (présidente du MEDEF) et elle:
L. Parisot: "Comment peut-on penser que nous allons nous, français, alors que nous sommes dans une compétition internationale, produire mieux et plus que les autres alors que nous avons la durée du travail qui est parmi les plus faibles. C'est une aberration économique"
S. Royal: " (...) Si vous augmentez encore la durée du travail, comment est-ce que vous aller réduire le chômage ? "

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