Optimum, le seul blog véritablement optimal

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jeudi 15 juillet 2010

La crise en pattes d'eph'

La crise économique est l'occasion pour la profession des macro économistes de faire le point sur l'évolution de leur discipline depuis 30 ans. Pour être précis, il faut dire qu'on s'intéresse ici de façon exclusive à une branche de la macro économie : celle qui étudie les fluctuations de l'activité économique, avec, typiquement, une attention particulière portée sur le chômage et l'inflation.  Narayana Kocherlakota, président de la fed de Minneapolis, a lancé le débat avec un article retraçant l'histoire récente de la discipline, qui peut se résumer par "on n'a pas trop mal bossé, même si on peut encore mieux faire". Greg Mankiw, qui a contribué activement à cette branche de la recherche, a un avis plus mitigé, dont le shorter serait "on a eu des discussions passionantes au plan intellectuel, mais ça n'a pas servi à grand chose". Plus radical, James Morley dénonce un échec. Paul Krugman aussi. Sans vouloir trancher, ce billet a pour objectif de montrer qu'une grande partie des débats actuels sur les politiques de sortie de crise auraient eu exactement la même teneur avec l'outillage intellectuel des années 70.

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vendredi 9 juillet 2010

L'imposture du Poulpe

On nous rebat les oreilles depuis une semaine avec Paul le Poulpe, octopus psychique capable de pronostiquer les résultats de la Mannschaft à la Coupe du Monde (voir par exemple, , ou ). Bon, l'essentiel des commentaires est au second degré, mais on perçoit quand même une pointe d'admiration véritable dans ce flot de réactions, et certains croient probablement aux pouvoirs surnaturels de cette brave bête.
Alors juste au cas où, petit rappel (les Econoclastes ont déjà traité l'idée à propos de la Présidentielle 2007 : allez les lire, ils expliquent tout). Paul se dirige au hasard vers un des deux drapeaux qu'on lui propose, et a donc autant de chances de désigner l'Allemagne comme vainqueur que de désigner son adversaire du jour (probabilité de 0,5 donc). Sur un match, il y a donc une chance sur deux pour que Paul ait bon. Sur deux matchs, il y a (0,5 x 0,5 = 0,25) une chance sur quatre qu'il ait tout bon. Sur six matchs (son record actuel), il a donc une chance sur soixante-quatre (0,5 puissance 6) d'avoir tout bon. Ca reste assez élevé, et on n'a commencé à parler de Paulo qu'à partir des quarts de finale, une fois que le hasard (parce que c'en est, je vous assure) a eu pris soin des quatre premiers matchs. Si on avait dit dès le début de la Coupe du Monde "Paulo va tout prédire", ça aurait été plus spectaculaire, mais à partir du moment où il a été mis sur le devant de la scène (pour les quarts et les demis, donc), il avait une chance sur quatre d'avoir bon. C'est très élevé.
Bref, encore une fois, Econoclaste l'explique très bien : si on prend un nombre suffisamment grand d'événements aléatoires (lancer de pièce, Poulpe bourré, boule de cristal), il y en a forcément un qui donnera le bon pronostic. On aura beau jeu de le présenter a posteriori comme surnaturel, mais ce n'est jamais que de la bête probabilité. Vous le saviez, la plupart des gens le savent probablement aussi, mais l'emballement médiatique autour de la bestiole me fait penser que certains croient véritablement à ses pouvoirs paranormaux.

(Edit - Il vient de prévoir que l'Espagne sera championne du monde, et que l'Allemagne battra l'Uruguay pour la troisième place)

mercredi 16 juin 2010

Mon député est un poète

A la manière de François Villon

vendredi 11 juin 2010

Kerviel en Live

"L'affaire Kerviel" relève plus du thriller financier que de l'économie (raison pour laquelle je n'ai rien à dire dessus), il est du coup passionnant de suivre les récits des audiences par deux fines plumes : courez vite chez Aliocha et Pascale Robert-Diard. Leurs chroniques sont un régal.

mercredi 19 mai 2010

Contre l'utilitarisme ? Quel utilitarisme ?

Quand j'utilise une perceuse pour faire un trou, ce qui m'intéresse, c'est le trou. Je me fiche éperdument de la perceuse. Ce n'est pas très sympa, mais peu importe, une perceuse n'est pas un être humain. Certains, particulièrement cyniques, ne cultivent des relations d'amitié ou ne se livrent à des œuvres charitables que pour le bénéfice qu'ils pourraient en tirer. Dans le langage populaire, on qualifie parfois ces margoulins d'utilitaristes. Il s'agit d'une bien triste confusion. L'utilitarisme est un courant de pensée philosophique qui est étranger à ce cynisme. L'amalgame est bien compréhensible, car l'utilité, en règle générale, suggère une réduction de l'objet utile au statut d'instrument au service d'une finalité qui lui est extérieure. Que deux universitaires, invités lundi dernier sur France Culture, puissent vouer leur carrière à la lutte contre l'utilitarisme en faisant eux-même cette confusion, ça relève du hautement consternant.

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mardi 4 mai 2010

Esther Duflo en image

Chez TED (via marginal revolution)

vendredi 30 avril 2010

Retraités américains ruinés par la crise

L'émission envoyé spécial proposait avant-hier un reportage poignant présentant des retraités américains en quête désespérée d'un emploi pour survivre. La raison : les travailleurs américains cotisent pour la retraite en investissant leur épargne en bourse. Or, la crise a fait chuter le cours des actions. Donc certains retraités sont ruinés, condamnés soit à travailler, soit à se contenter d'une pension misérable et de la charité publique pour survivre. 

On peut avoir deux lectures de ce reportage.

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mardi 27 avril 2010

Pour la Technocratie

Valérie Pécresse s'exprime sur la Recherche dans le Figaro. J'ai été agréablement surpris d'y trouver un ton modéré mais ferme, derrière lequel je crois percevoir (du moins ai-je envie de comprendre cela) un plaidoyer pour la technocratie dans les domaines où elle est nécessaire ("Les scientifiques doivent pouvoir s'exprimer et être entendus", "on entend beaucoup les militants opposés à telle ou telle innovation, mais pas assez les chercheurs", "Il convient d'analyser les risques et les bénéfices de chaque OGM séparément avant de prendre une décision") - ou du moins rappelle-t-elle de façon salutaire le rôle du Savant et du Politique ("Il revient aux scientifiques de nous dire quel est l'état actuel des connaissances. Mais ce sont les politiques qui doivent en tirer toutes les conséquences, dans un esprit de responsabilité", "Nous devons mettre les savants au cœur de la société et leur donner davantage la parole. In fine, il revient au politique de rester vigilant et de trancher").

Il y a des domaines qui doivent échapper à l'opinion; la Science en est évidemment un, et il me paraîtrait aberrant d'organiser un "referendum sur les OGM" (ou les nanotechnologies, ou autre) : les citoyens (moi le premier) n'ont qu'une connaissance médiate et extrêmement biaisée (dans un sens ou dans l'autre) de ce domaine. C'est la connaissance technique précise qui doit présider aux choix qui sont faits dans ces domaines.

Sans aller jusqu'à dire que l'Economie fait aussi partie de ces domaines, on ne peut que regretter que le Savant (l'Economiste - je vous préviens, le premier commentaire du genre "bwa pfé laiconomi c pa une ciens lol c des charlatan idéolog", il gicle sans préavis) soit aussi peu écouté par le Politique. L'économie contribue à éclairer des choix qui trancheront parfois des conflits d'intérêts, qui impliquent souvent une certaine conception de la justice sociale, et qui doivent donc rester politiques. Mais quand c'est l'opinion, guidée par l'ignorance et la peur, qui devient seule conseillère du Politique, seules les corporations et les idéologues en sortiront gagnants, au détriment de tous.

Le citoyen de base préférant le confort de son ignorance et de ses préjugés à la gratifiante difficulté de s'informer et comprendre combinée à l'humilité de ne pas avoir d'opinion lorsqu'on ne sait rien, il paraît souhaitable, en économie comme ailleurs, de donner plus de poids aux Techniciens compétents dans le processus de décision Politique. C'est la définition de la Technocratie, qu'on emploie malheureusement toujours de façon péjorative, lui opposant la parfois dangereuse sagesse populaire : le bon sens étant la chose la mieux partagée du monde, chacun en a une bien faible part.

samedi 24 avril 2010

En vrac

  • La Banque mondiale libère ses bases de données sur le développement. Jusqu'à peu, ça coûtait quand même 100 euros par an !
  • Richard Baldwin nous explique que la mondialisation, c'est pas du tout comme avant, mais que c'est quand même fondamentalement pareil.
  • On nous signale l'ouverture du blog L'observatoire des idées : "L'observatoire des idées a pour objectif d'échanger entre chercheurs, étudiants et professionnels sur des questions de société, qu'il s'agisse d'économie, de droit, d'histoire, de politique ou de sociologie. Nous recherchons un maximum d'échanges et des contributeurs réguliers sur le blog afin de monter un véritable "observatoire" des idées et des initiatives nouvelles pour proposer un regard différent sur les questions d'actualité." Ah ben... c'est un slogan qui frappe moins que "le seul blog véritablement optimal" ! Bonne chance à eux.
  • Je twitte (un peu).
  • Les éconoclastes ont sorti leur second bouquin (oui, je sais, vous savez...). Comprendre est le meilleur moyen de dissiper ses angoisses. Une nouvelle attaque des cognitivistes contre les freudiens ? Je ne sais pas si vous en sortirez moins froussards, mais moins ignares, c'est certain.
  • Quelqu'un pourrait-il dire à tout le monde que la Grèce n'est pas une banque ? Diamond-Dybvig, c'est pas pour les finances publiques ! (add: cf précisions dans le deuxième commentaire)
  • A ce sujet, Krugman expose 6 réponses à la question de savoir quelle réforme mettre en oeuvre pour éviter la prochaine crise, dont une qu'il fait sienne : étendre la règlementation bancaire à tout ce qui emprunte court pour prêter long. (c'est moins sexy que de pendre le dernier trader avec le dernier parachute doré...)
  • Esther Duflo rocks !

samedi 13 mars 2010

Gain de productivité = le Mal

Quand les gains de productivité d'un secteur sont supérieurs à la hausse de la production de ce secteur, l'emploi y décline. J'ai trouvé la solution au chômage : ce mini jeu Flash complètement addictif, qui risque fort de vous détourner longuement de votre travail.

Sauvez un emploi, jouez à Penguin Diner 2 !

(Mon score à battre : 21 359)

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