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samedi 2 mai 2009

Ces discounteurs qui gagnent à ne pas être connus

La stratégie des discounters est bien connue : baisser les coûts en lésinant sur la qualité de certains services, ou en les rendant optionnels, afin de proposer un prix plus attrayant. C’est vrai dans la distribution comme dans le transport aérien. Les consommateurs sont généralement intéressés par des prix bas. Par conséquent, si les discounteurs parviennent à les diminuer de façon significative, ils devraient communiquer abondamment sur leurs performances en la matière, afin de s’attirer une forte clientèle. C’est ce qu’ils font généralement. Un domaine fait exception à la règle : la banque.

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mardi 7 avril 2009

La crise financière en 10 pages

Petit post dans le style de Marginal Revolution (sauf que eux ont un rythme de publication légèrement supérieur au notre).

Je suis tombé sur le texte suivant, de Martin Hellwig. La meilleure vulgarisation de la crise financière que j'ai pu lire, à la fois claire (pas évident, vu les produits financiers concernés) et intelligente (i.e. pas de sur-simplification).

Des explications de la crise financière pour les non-initiés, il y en a pléthore sur le net et ailleurs. Mais elles sont presque toutes soit simplistes ("on a prêté aux américains pauvres, ils ne remboursent plus, donc c'est la crise"), souvent avec un but idéologique à peine caché, soit se noient dans les CDO, MBS CDS et autres dettes mezzanines super-senior. Ce texte évite ces deux écueils en faisant honneur à l'intelligence de son lectorat. A lire.

Petite remarque perfide pour finir. La version longue a été présentée aux Pays-Bas, où le "discussant" était Gerrit Zalm, ancien ministre des finances (pendant plus de 10 ans) des Pays-Bas. Ça fait rêver, non, un ministre des finances capable de comprendre la littérature académique et débattre avec des universitaires ? Pendant dans ce temps, en France, on a Christine Lagarde ...

mercredi 1 avril 2009

Ce qui va changer demain

Demain commence à Londres le sommet du G20 consacré à la crise. On peut sincèrement nourrir de grands espoirs quant à ce qui va sortir de cette réunion, d'autant plus que Nicolas Sarkozy s'est entouré d'un panel d'économistes chevronnés chargés d'élaborer une véritable politique économique.

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vendredi 27 mars 2009

Le Monde découvre le monde

La discrimination tarifaire (faire payer plus à ceux qui sont disposés à le faire) n'est pas un phénomène nouveau, et a déjà été longuement abordée par les économistes, que ce soit par exemple Tim Harford dans The Undercover Economist ou les deux meilleurs économistes du monde dans Le Meilleur Livre d'Economie de 2008. Mais Le Monde, 60 millions de consommateurs et l'INC semblent aujourd'hui découvrir ces pratiques. Pour le porte-parole de Système U, il ne peut s'agir d'une manoeuvre délibérée. (...) Ce serait grotesque et suicidaire. Au contraire !

En effet, la discrimination tarifaire permet au consommateur qui prend le temps de chercher de bénéficier d'un prix plus faible. Ce peut être en mettant un produit bien en évidence à un prix plus élevé que le même produit placé sur un rayonnage moins visible. Mais ce peut être aussi en jouant sur les réflexes du consommateur, qui a intégré que "le gros conditionnement revient moins cher". Si il en est persuadé et va donc se diriger systématiquement, sans chercher ailleurs, vers les produits en gros conditionnement, il suffit d'en augmenter le prix pour augmenter sa marge : l'élasticité-prix du consommateur aveuglé par ses préjugés est nulle. Et qu'on ne vienne pas me parler d'un complot : le paquet de 4 tranches de jambon est situé à 40cms du paquet de 2 tranches, et il faut environ 5 secondes au consommateur qui cherche vraiment le prix le plus faible pour s'apercevoir que deux paquets de 2 valent moins cher qu'un paquet de 4 (exemple véridique que j'ai relevé depuis déjà un an).

Il n'y a donc rien de scandaleux dans ces pratiques, fussent-elles délibérées (et je suis persuadé que ces "erreurs" n'en sont pas pour la plupart) : le consommateur qui estime que trouver le prix le plus bas vaut quelques secondes/minutes de recherche supplémentaire fera toujours les meilleures affaires, pour peu qu'il cesse d'être naïf et de croire que la grande distribution est là pour lui faire des cadeaux.

(NB. vous remarquerez que le Monde semble décidé à désormais classer tout article "économique" dans sa rubrique "la crise financière". Quelle grosse bande de nazes ignares).

mardi 24 février 2009

CVS/CJO

D'après reuters (je grasse) :

La consommation des ménages français en produits manufacturés a rebondi de 1,8% en janvier, sous l'effet des soldes d'hiver et d'une hausse des achats d'automobiles, selon des données CVS/CJO publiées mardi par l'Insee. 

Si les données sont Corrigées des Variations Saisonnières, je doute que l'effet des soldes d'hiver puisse expliquer la hausse de la consommation. D'ailleurs, l'insee n'en dit rien

dimanche 22 février 2009

Anna Schwartz et la crise

J’aime beaucoup Anna Schwartz, car elle a co-écrit avec Milton Friedman un des quelques livres de macroéconomie qui ont compté au vingtième siècle : A monetary history of the United States. Ce livre est facile à résumer : la monnaie a de l’importance dans les fluctuations de l’activité économique. Et, en particulier, elle en a eu dans la grande dépression. Le début des années 1930 a été marqué par une série de faillites bancaires qui ont conduit a une forte diminution de la masse monétaire (la somme de tous les moyens de paiement : billets + comptes courants). Selon Friedman et Schwartz, cette contraction de la masse monétaire a freiné la dépense des agents économiques, conduisant à la crise. Cette histoire peut sembler quelque peu familière aujourd’hui, mais il faut savoir qu’à l’époque où ce live est sorti, les keynésiens triomphants nourrissaient le plus grand des mépris pour la politique monétaire. Selon eux, la crise avait démontré l’inefficacité des politiques monétaires, car les taux d’intérêt extrêmement faibles alors pratiqués par la federal reserve n’avaient pas évité la déroute. Schwartz et Friedman se sont opposés à cette opinion dominante en montrant que, bien au contraire, la politique monétaire avait été restrictive. D’une part, la faiblesse des taux d’intérêt n’était qu’illusoire, car les taux d’intérêt réels, c’est-à-dire déduction faite du taux d’inflation, étaient élevés, puisque l’inflation a été négative sur la période. D’autre part, le taux d’intérêt n’est pas le seul canal par lequel la masse monétaire influence la dépense globale, d’où l’importance, selon eux, de mettre en lumière la contraction de la masse monétaire.

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samedi 14 février 2009

Trop de rationalité nuit

Que fait un "économiste" (moi, d'où les guillemets) au supermarché quand il voit quatre caisses ouvertes sans personne qui y fait la queue, alors que toutes les autres caisses ont au moins quatre ou cinq personnes en attente ? Il ne cherche pas à comprendre, il se dit que si c'était des vraies caisses, il y aurait du monde, et que donc soit elles sont fermées soit elles sont réservées "Carte Café-Nougat" ou "Handicapées enceintes entre 34 et 36 ans dont le nom commence par un Z". Et il commence donc à faire la queue à une caisse normale (ie. bondée), jusqu'à ce qu'une brave employée en rollers passe partout pour dire aux gens que non ce n'est pas une feinte, c'est juste pour les gens qui paient par carte bleue - ah ben c'est moi ça... j'approche... j'ai encore une dernière hésitation avant de décharger mon panier, c'est trop beau pour être vrai. Mais non, il n'y avait pas de piège.

Ca me rappelle une histoire avec un billet de 100€ par terre...

jeudi 29 janvier 2009

Externalité positive

Je regarde à l'instant par la fenêtre et vois passer un cortège de manifestants. Une bonne moitié porte les gilets de sécurité obligatoires dans tous les véhicules à moteur depuis octobre 2008 (ceux que tous les blaireaux exhibent fièrement sur le dossier de leur siège en une sorte de signe ostentatoire de conformité socio-juridique assez irritant). Cette loi votée sous la pression du lobby des fabricants de gilets salvatrice de vies d'automobilistes en panne aura au moins eu cette externalité positive : égayer les défilés de profs et de cheminots en leur permettant de masquer sous des gilets fluos leurs pulls à carreaux troués de la Camif et d'Eurodif.

lundi 26 janvier 2009

Pétard mouillé

Titre dramatique et spectaculaire (distinction préférée des profs d'anglais en version) du Monde.fr : Soixante-sept mille emplois sont partis en fumée lundi. Diantre ! De quoi s'alarmer devant cet incendie humain pire que celui que SM déclenche quand il laisse traîner un tesson de Kro dans la sèche garrigue après un barbecue sauvage au mois d'août ? L'article nous précise que En une petite journée, 67 000 suppressions d'emploi ont été annoncées entre les Etats-Unis et l'Europe. Eh ben... à en croire ce chiffre, cette "petite" journée (à ne pas confondre avec la grosse du mardi) est probablement une des plus clémentes qu'on puisse espérer en termes de destruction d'emplois.

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dimanche 25 janvier 2009

Wesh man

yo !

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